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Saison 2009-2010 des Spectacles Onésiens
Onex : Entre découvertes et retrouvailles

Rencontre avec Cyrille Schnyder-Masmejan qui sait rester modeste face au succès de sa programmation.

Article mis en ligne le septembre 2009
dernière modification le 20 décembre 2009

par Firouz Elisabeth PILLET

Depuis 1987, Cyrille Schnyder-Masmejan poursuit avec entrain et conviction la mission qu’elle s’est fixée : promouvoir la scène culturelle sur les planches de sa commune, Onex, et vivifier de ce fait la culture dans la région genevoise.

Sans répit, la responsable des spectacles onésiens se met en quête de coups de cœurs, de découvertes sans oublier de rappeler au bon souvenir de la salle communale ou de celle, plus intimiste, du Manège, des artistes complices, devenus au fil des ans des habitués fidèles et des amis. Confortée dans son entreprise par un succès croissant auprès du public, Cyrille Schnyder-Masmejan a su choisir des collaborateurs efficaces et motivés pour l’accompagner et consolider une équipe dynamique. Affichant un sourire rayonnant à chaque soirée dans son fief, relevant les aléas des imprévus avec bonne humeur, Cyrille Schnyder-Masmejan sait rester modeste face au succès de sa programmation. Rencontre.

Votre recherche de nouvelles découvertes pour la saison 2009-1010 a commencé il y a de nombreux mois. Que pouvez-vous déjà nous dévoiler ? Toujours un juste équilibre entre découvertes et retrouvailles ?
Oui, bien sûr. Je pense que les découvertes ont toujours été notre carte de visite mais il est fantastique de pouvoir suivre le parcours d’un artiste. Dans notre monde kleenex, j’ai toujours préféré les artistes qui travaillaient dans la durée, avec un monde à eux, plutôt que des artistes à la mode. Certains font une grande carrière, d’autres pas. Ce n’est pas toujours fonction de leur talent, souvent une question de chance mais surtout de style. Certains langages ou univers artistiques ne sont pas fait pour de trop grandes capacités de salles et nous avons la chance de programmer dans deux salles complémentaires, une de 220 places assises et l’autre de 520.
En musique, nous retrouverons entre autres Aldebert en ouverture de saison avec son concert Enfantillages destiné à un public familial ; nous retrouverons également le duo Angklung qui fait une tournée d’adieu après 27 ans d’aventure commune, ainsi que les maîtres incontestables de l’humour musical, Le Quatuor, le grand conteur-humoriste kabyle Fellag, et Christophe Alévêque avec son nouveau spectacle, toujours aussi caustique et politiquement incorrect… Mais beaucoup de nouveaux venus fouleront aussi la scène onésienne : Michel Boujenah par exemple, que nous n’avions encore jamais reçu, le chanteur Dick Annergarn, l’Américaine Grace, le rappeur Tunisiano, le trio Madeira do Brazil avec le génial clarinettiste Gabriele Mirabassi, la chanteuse capverdienne Mariana Ramos, le génial guitariste manouche Dorado Schmitt, mais aussi des artistes suisses comme Patrick Lapp, Sarclo, Marc Perrenoud… et quelques clins d’œil au monde du cirque en 2010. 

Le Quatuor dans « Corps à cordes »

Vous évoluez depuis de nombreuses années dans le paysage culturel genevois. Issue d’une famille qui s’adonnait à l’art, vous lui devez votre passion pour la culture.
J’ai baigné toute mon enfance dans les arts plastiques, et mon truc à moi c’était les arts de la scène ! Depuis toujours je n’ai été attirée que par la musique d’abord, puis la danse et le théâtre. J’ai effectivement fait des études de chant, de musique en pratiquant la guitare, mais aussi la danse et le théâtre… 

L’art, vous le pratiquez toujours ou préférez-vous les coulisses ?
Malheureusement je regrette beaucoup de ne pas avoir poursuivi l’instrument. Le théâtre, j’ai arrêté après une année de conservatoire… je n’avais pas la foi, ni le talent. Le chant et la danse demandaient un investissement total et je n’ai pu continuer avec l’arrivée de mes enfants que j’ai eu très jeune. Par contre, j’aurais dû continuer la guitare et le piano. C’est mon regret, mais j’ai toujours ma guitare... La musique est vitale pour moi. Je la vis grâce aux autres !!! 

On pourrait penser que tout a déjà été dit ou fait. Pour vous, la création est éternel renouvellement qui vous motive et vous anime à chaque nouvelle saison ?
Oui, la créativité est quelque chose de merveilleux. Elle se régénère sans cesse et nous surprend toujours. C’est divin ! 

De manière plus générale, quel regard portez-vous sur la vie culturelle de la région depuis vos débuts aux Spectacles onésiens ?
Beaucoup de choses ont changé depuis 22 ans ! Onex était une commune pilote en matière culturelle ! La société a changé aussi, les gens apprécient de plus en plus les cultures du Monde, que nous avons toujours proposées à Onex, notamment tout ce qui procède de la rencontre entre différentes cultures, le métissage. Connaître la culture de l’autre, ouvrir les esprits, c’est la clef pour aller vers plus de tolérance. Et c’est aussi ce qui motive mon travail.

Trio Madeira, Gabriel Mirabassi

Comment se porte votre dernier-né, le Festival des Créatives ? 
Nous abordons la 5ème édition. Ce festival se fait avec l’association du même nom qui regroupe des bénévoles enthousiastes. Nous avons de nombreux projets mais cela dépendra des recherches de sponsors et subventions, car on ne peut développer un tel projet artistique sur la seule estimation des recettes. La prochaine édition aura lieu du 4 au 8 novembre prochain et le but est toujours de passer le monde au prisme du regard d’artistes féminines actuelles, dans les arts de la scène, principalement la musique. 

La crise touche tous les secteurs et affole les esprits ; avez-vous noté des répercussions à Onex ?
Non pas vraiment. Je dirais que les derniers spectacles de la saison ont été un peu plus irréguliers en matière de fréquentation. Nous avons quand-même fait plus de la moitié des spectacles de la saison à guichet fermé. Ce qui me préoccupe c’est de pouvoir garder des tarifs accessibles à tous, alors que les coûts d’organisation ne cessent d’augmenter… un casse-tête !

Que pensez-vous de la politique culturelle à Genève, et en Suisse ? 
La période est préoccupante, avec la disparition de lieux d’accueil et de création. Tout un pan de la culture ne peut se développer que s’il existe des locaux adaptés. Il faut des lieux de rencon-tre également, d’échanges, de confrontation d’idées… Ne dit-on pas que l’art est le miroir du monde ? N’oublions pas qu’en Suisse la culture n’est toujours pas dans la Constitution et que le statut d’artiste n’existe pas vraiment. Il reste du pain sur la planche ! 

Propos recueillis par Firouz-E. Pillet

www.spectaclesonesiens.ch