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Menuhin Festival 2008
Gstaad : entretien avec Christophe Müller

Trois questions à Christophe Müller au sujet de la programmation 2008.

Article mis en ligne le juillet 2008
dernière modification le 7 août 2008

par Régine KOPP

Christophe Müller, directeur artistique du Menuhin Festival depuis 2002,
a bien voulu répondre aux trois questions posées par Scènes Magazine
au sujet de la programmation de l’édition 2008.

L’édition 2008 de votre programme offre une large palette musicale, allant de la musique de chambre au lyrique en passant par le symphonique et le jazz. Quelles sont les nouveautés qui figurent dans le programme de cet été ?

Christoph Müller

Nous innovons cette année avec deux nouvelles orientations. D’une part, regroupées sous le terme « Fête de la musique de chambre », nous proposons les Matinées des jeunes Etoiles. Il s’agit de 7 concerts donnés le samedi matin à 10h30 à l’église de Gstaad, à des prix très bas. Ces matinées permettent d’entendre les jeunes talents musiciens que nous présentons au public sous forme très concentrée, pour les mettre le mieux possible en valeur dans un programme d’excellence. Il y par ailleurs aussi le cycle intitulé « Todays Music » qui sort des sentiers battus avec une série de cinq concerts sous le label, « Tout le monde du violon » où l’on connaît le nom des artistes mais non pas le programme, que le public découvrira le soir du concert. Le grand concert final étant un hommage au jazz. Nous sommes d’autre part très fiers de pouvoir proposer une autre nouveauté. Une plateforme destinée aux musiciens amateurs (environ une soixantaine), qui formeront l’orchestre « Play Along » qui va à la rencontre d’un orchestre professionnel, le London Symphony Orchestra. Le programme est fait d’extraits d’œuvres et un chef d’orchestre finlandais expérimenté dans ce genre d’exercice les dirigera. Une expérience qui permet de faire participer des amateurs musiciens, auxquels seront aussi ouvertes les répétitions et d’autres manifestations. Nous le faisons en partenariat avec l’association suisse des orchestres. Je ne vous cache pas qu’il s’agit d’une entreprise difficile à organiser du point de vue logistique. Mais vous pourrez entendre gratuitement cet orchestre le 24 août sous la tente du festival.

Comment faites-vous pour intéresser le public local et éviter que ce festival ne soit trop élitaire ?
Notre programme est très varié et très coloré. Les œuvres des concerts symphoniques s’adressent à un large public, qui est d’ailleurs en légère hausse. Je rappelle que c’était aussi la volonté de Menuhin d’intégrer la population locale qui aime les concerts symphoniques et se met sur son trente et un les soirées de concerts. Nous avons environ le même nom-bre de manifestations depuis plusieurs années. Ce qui augmente peut-être, ce sont les manifestations annexes qui se déroulent dans des lieux inhabituels, comme c’est le cas cette année avec le récital piano et soprano, qui a lieu à 3000 mètres d’altitude aux Diablerets, ou un concert brunch convivial, dans un refuge de montagnes au-dessus de Rougemont, réunissant une centaine de personnes. Le public est friand de découvrir des œuvres musicales dans des cadres insolites. Le charme bucolique est un facteur dont nous tenons compte dans notre festival. Le thème étant cette année la joie de vivre, nous avons pu convaincre le comique suisse Emil de nous faire rire. Par contre, il nous est difficile de programmer des œuvres du XX° siècle. Ce n’est pas l’environnement idéal pour cette musique.

Quelles sont vos rapports avec l’académie Ménuhin ?

Leif Ove Andsnes
© Simon Fowler EMI Classics

Nous sommes deux institutions indépendantes, avec des objectifs différents. Même si le festival porte le nom de son fondateur, le but du festival est d’animer la saison estivale à Gstaad et d’en faire une attraction touristique, tandis que l’académie a pour mission de former des musiciens. On peut tout à fait imaginer qu’un jour on rapproche ces deux institutions, mais il s’agit là d’une idée qui demande encore à mûrir.

En conclusion, Christoph Muller indique que son budget est de 3,8 Mio FS, dont un tiers provient des recettes, un tiers des sponsors et le dernier tiers des pouvoirs publics et de mécènes privés. Est-ce le thème choisi pour le festival de l’été 2008 ou un budget confortable pour réaliser ses projets, toujours est-il que Christoph Muller est un directeur heureux.

Propos recueillis par Régine Kopp

Programme : points forts à venir

Eglise de Saanen, 20h00 :
Samedi 16.8. : CAMERATA LYSY. Jeremy Menuhin, piano ; Alberto Lysy, violon et direction
Mercredi 20.8. : AMATI-QUARTETT. Rudolf Buchbinder, piano ; Amati Quartett (Mendelssohn, Schumann, Dvorák)
Vendredi 29.8. : SOIRÉE RUSSE. Solistes de chambre de Saint-Pétersbourg ; Ilya Ioff, violon ; Lidia Kovalenko, violon ; Alexei Ludevig, alto ; Alexei Massarsky, violoncelle ; Igor Uryash, piano (Borodine, Chostakovitch)

Eglise de Rougemont, 20h00 :
Vendredi 8.8. : LE GRAND FINAL. Zoltán Lantos, violon ; Miki Lucàcs, cymbalum ; Volker Biesenbender, violon ; Marcin Grochowina, piano ; Lubos Holub, violon et son ensemble ; Adam Taubitz, violon ; Alex Wäber, percussion ; Felix Klaus, basse ; Christer Lovold, piano (Jazz-Passion)

Festivalzelt, 19h30 :
Vendredi 15.8. : LA CHAUVE-SOURIS, OPÉRETTE AVEC NOËMI NADELMANN. Direction musicale : Jan Schultsz ; Oliver Widmer ; Malin Hartelius ; Daniel Schmutzhard ; Carlo Hartmann ; Angelika Kirchschlager ; Jörg Schneider ; Helga Papouschek ; Camerata Vocale Freiburg i.Br. ; Budapest Symphony Orchestra ; m.e.s. Wolfgang Grats

Sol Gabetta

Eglise de Lauenen, 20h :
Mardi 12 et Mercredi 13.8. : CYCLE BEETHOVEN : LES ANNÉES DU MILIEU. Leipziger Streichquartett.

Tente du Festival, 19h30 :
Vendredi 22.8. : CENDRILLON. London Symphony Orchestra ; Valery Gergiev, direction (Tchaïkovski)
Samedi 23.8. : RUSSIAN JOY OF LIFE. London Symphony Orchestra ; Leonidas Kavakos, violon ; Valery Gergiev, direction (Prokofiev, Tchaïkovski)
Samedi 30.8 : IN MEMORIAM MSTISLAV ROSTROPOWITSCH. Orchestre National de Russie ; Mikhail Pletnev, direction ; Sol Gabetta, violoncelle (Tchaïkovski, Rachmaninov, Scriabine)

Eglise de Zweisimmen, 20h :
Jeudi 28.8. : Reto Reichenbach, piano (Mozart, Bartók, Beethoven, Debussy, Chopin)

(Loc./Rens. 033 748 83 33)